Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

Semaine du Shôjo 2023: Show Me How

Chaque année vers la fin du mois d’avril a lieu un événement interblog organisé par Club Shôjo. Il s’agit d’une semaine au cours de laquelle les shôjo sont mis à l’honneur à travers différentes thématiques. J’ai eu l’honneur d’être convié à cette édition 2023 qui se déroule du 24 au 30 avril et ayant pour thème : « Les shôjo abordant la condition féminine que vous préférez. ».

N’étant pas un grand consommateur de shôjo, il m’est tout de même possible de citer un grand nombre d’auteurs du genre tels que Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles), Moto Hagio (Le clan des Poe), Kaori Yuki (Boy’s Next Door), Junji Ito (Tomié) ou encore Ai Yazawa (Nana). Cela ne m’empêchant pas d’être curieux et de davantage m’intéresser au genre au fil des lectures. Aujourd’hui, je vous propose d’écrire sur des œuvres qui traitent différentes conditions de la femme au travers de quelques lignes. 

You’ve Gotta Love Song

Pour avoir eu le plaisir de la rencontrer à Angoulême cette année, j’ai immédiatement pensé à Akane Torikai et à son titre You’ve Gotta Love Song au sein duquel elle rassemble cinq histoires courtes mettant en scène des situations et relations diverses entre une femme et un homme. Dans la majorité des cas, Akane Torikai expose la pression et la position des femmes désabusées face à des hommes ne possédant que trop d’attentes à leurs égards ou à une société japonaise, très formatée à l’idée qu’une femme se doit d’être mariée avant la trentaine auquel cas elle n’est plus bonne dans son « rôle de femme », qui les juge en permanence. 

© Akane TORIKAI / KODANSHA

Comme on peut l’observer dans En proie au silence ou dans Saturn ReturnAkane Torikai prend un temps considérable pour installer son histoire et ses messages. Ici, le format très court de ses récits donne un impact percutant et plus direct de ses messages à son lectorat. Moto Hagio le souligne dans la préface d’En proie au silence, ses personnages sont d’une violence et d’une justesse et démontrent au monde que les femmes existent et que les cœurs peuvent changer. 

© Akane TORIKAI / KODANSHA

In the clothes named fat

Au travers d’In the clothes named fat, à son tour, Moyoco Anno lève le rideau sur le poids et la place de la femme dans la société. À l’image de « Et si j’essayais de vivre ? » , la première histoire de You’ve Gotta Love SongMoyoco Anno dépeind, le temps d’un one-shot, une société où les femmes se doivent d’être belle à défaut d’être injustement considérées.

Noko subit les remarques de ses collègues de travail © Moyoco ANNO / SHODENSHA
Mayumi, la collègue de Noko © Moyoco ANNO / SHODENSHA


Noko, une jeune femme enrobée subit un harcèlement ciblé sur son physique et se fait tromper par son mari avec Mayumi, sa collègue de travail, la belle femme aux normes de la société. Tiraillée entre sa relation sentimentale, sa situation professionnelle et son corps, elle se décide à suivre ce que lui dicte la société pour plaire et convenir à celle-ci. C’est par le biais de Noko que Moyoco Anno exprime cette volonté de vivre pour n’être rien d’autre que la personne que l’on souhaite devenir, notre destin et notre corps n’appartient qu’à nous. 

Noko juge deux femmes © Moyoco ANNO / SHODENSHA

Histoires de femmes

C’est dans un format regroupant un total de 88 petites histoires hautes en couleurs dans Histoires de femmes que Masako Yoshi représente des instants, des discussions, des pensées ou des situations du quotidien. À l’image d’une ambiance où « il n’y a pas de mauvaises personnes » comme le décrit Yawa Wayama pour son titre Hoshi dans le jardin des fillesMasako Yoshi présente une diversité de personnages dans des situations différentes où l’amour et la joie sont au centre des récits. Qu’il s’agisse d’amourettes ou de tracas professionnels, cette multitude de situations permettra à tout un chacun de se retrouver dans les actions et comportements des personnages. Comme Akane Torikai ou Moyoco Anno précédemment, elle traite de sujets de société, mais avec plus de légèreté.

© Yoshi MASAKO / STARTS PUBLISHING

On peut, notamment, retrouver toute la puissance de cette mise en scène et de cette réalisation haute en couleur dans Veil de Kotteri! qui représente des situations romantiques où il n’y a pas de disparité entre les genres et où une relation idéale est représentée entre elle et lui. Le lecteur est amené à fuir la réalité pour ne vivre et ne partager que quelques instants de bonheur.

© Kotteri! / JITSUGYO NO NIHONSA

Et du coup…

Akane Torikai et Moyoco Anno dénoncent ouvertement les travers que les femmes subissent à cause de la société par le biais de leurs mangas. La manière dont ses autrices retranscrivent leurs récits résonne comme un cri, un appel aux changements et ne laissant pas indifférent le lecteur. À la fin de chacun des ouvrages, les histoires et le récit semblent offrir une liberté à la femme, d’un côté Noko ne vit plus que pour elle, de l’autre, les personnages d’Akane Torikai se délivrent de l’emprise toxique des hommes.
Quant à Masako Yoshi comme Kotteri!, elles proposent une vision ciblée idéale et romantique des couples. Dans le quotidien de ses personnages, elles ne mettent pas de côté les travers de la société, elle ne garde que ces quelques instants où l’effet Barnum peu agir et permettant, ainsi, au lecteur de réfléchir à son comportement en société ou même de s’évader.

Si j’ai choisi de parler de ces titres en particulier, c’est avant tout parce qu’ils me rappellent l’amour que je porte aux travaux de Mizu Sahara et de Yuki Kodama. D’un côté, des véritables problèmes de société et des cris d’injustice au travers de ces personnages, et de l’autre, des moments de joies et de partage d’une beauté onirique. Les personnages se battent contre la société et deviennent ce qu’ils veulent être en ne se cachant plus derrière un personae.

© Akane TORIKAI / KODANSHA

A l’image de ces femmes qui écrivent pour changer les mœurs , j’ai donné à cet article le nom d’une chanson du groupe Men I Trust, un groupe d’électro-pop québécois n’acceptant aucun label et se produisant en indépendant : Show Me How.

Show Me How de Men I Trust

Voici la liste des participant(e)s à la semaine du shôjo :

Publicité

7 commentaires sur “Semaine du Shôjo 2023: Show Me How

Ajouter un commentaire

  1. Je prends enfin le temps de lire les articles de l’événement interblog ^^ Tout d’abord, merci beaucoup d’y avoir participé ! Ton article est vraiment très chouette ♥

    Je n’ai pas lu ces titres (snif) mais les connais de nom. En revanche ils m’intéressent tous. You’ve gotta love song, il faut vraiment que je me le procure. Par contre, je sais que pour In the clothes named fat, je vais galérer 😥

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi ! Content que celui-ci t’ai plu !
      Oh ! Des découvertes à venir donc !
      Oui pour In the clothes named fat, il faut mettre un petit billet pour le coup !
      Avec le retour de Sakuran à la fin de l’été, on espère une réédition de ce titre !

      Aimé par 1 personne

      1. Tout à fait ! On ne cesse de faire des découvertes (ça fait à la fois peur et c’est chouette x)), j’adore ! ♥

        Tout à fait, du coup j’ai opté pour l’édition américaine à moins de 17 € ^^ Je vais pas nourrir les spéculateurs !
        Par contre, oui ce serait cool que la série revienne chez nous ! Croisons les doigts !

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :